lundi 21 mars 2011

The Tortured (2009) Robert Lieberman

Pas très lieber le Lieberman avec The Tortured ! M'enfin, qu'importe le nom de famille, on n'est pas franchement là pour en débattre. Par contre, on va parler du film, du moment qu'on y est. Alors Droogie, il a été produit par la clique de Saw et ses potes, et il en est fait la mention partout sur la jaquette. Avec ça, on peut être sûr de ne pas avoir affaire à un N'oublie jamais !
Ouais mais, qui dit être labellisé Saw, surtout pour les 6 derniers, n'est pas franchement gage de qualité...


Après l'enlèvement puis l'assassinat de leur fils, un jeune couple décide de récupérer le meurtrier alors qu'il est conduit en prison, pour le mener dans une baraque de campagne à l'abris des regards, et l'y torturer jusqu'à ce que mort s'ensuive. Le synopsis est aussi simple que ça.


Alors au final, qu'en est-il de ce film ? Alors déjà c'est court (et c'est tant mieux), et ensuite, bougrement mal interprété. Didiou, on a vraiment affaire à deux parents qui ne rentrent jamais dans leur personnage, et le plus mauvais dans l'histoire, c'est que ça se voit à l'écran !
Passé cela, le scénario est aussi facile que le synopsis, jusque dans son dénouement. Ceux qui jouent les étonnés par le twist, faites-moi rire ! Plus prévisible que ça tu meurs !
M'enfin, y a deux, trois scènes de torture sympa, pour les quelques sadiques que nous sommes, hormis cela, pas grand chose à en tirer.


Côté réal', c'est la sauce classique, qui conduit au montage classique qui lui-même conduit aux cuts classiques pour que les scènes fassent inévitablement plus dark ! Ouais... M'enfin, si on se penchait davantage sur l'aspect humain de la chose que sur la volonté exaspérante de balancer de la tripaille devant l'écran, peut-être que le film serait un peu plus consistant. En attendant, The Tortured est relégué au rang du divertissement quand-on-n'a-rien-d'autre-à-foutre, et ça, c'est pas glorieux.
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dimanche 20 mars 2011

Black Death (2009) Christopher Smith

Bientôt la sortie DVD de Black Death réalisé par Christopher Smith, fallait donc bien que j'en touche quelques mots Droogie ! Donc le bon vieux rosbif de Smith a réuni dans son casting quelques abonnés à ses films comme Tim Severance McInnerny ou encore le défunt de la communauté de l'anneau : Boromir, qui est Sean Bean. Déjà, la casting s'annonce sympathoche. Maintenant, on reproche souvent à Smith de n'offrir que la forme d'un film mais d'en abandonner le contenu. Qu'en est-il pour Black Death ? C'est ce que nous allons voir de suite.

Après Creep et Severance, nous voilà débarquer dans une Angleterre du Moyen-Âge ravagée par la peste, annonçant déjà que le réalisateur est en quelque sorte un père touche-à-tout. Ici, une bande de chevaliers vient chercher un guide dans un monastère afin d'aller quérir le chef d'un village aux pratiques assez douteuses, du genre immolation, nécromancie et nécrophagie. Un jeune moine, ayant laissé partir la femme qu'il aime (pas bien pour un moine ça, d'ailleurs il s'en veut par rapport à Dieu !) part avec eux pour la retrouver.




Si les 30 premières minutes du film font complètement déjà-vues et n'intéressent pas franchement, la suite en devient de suite plus importante. Le métrage tombe en effet dans une noirceur de plus en plus grande, au fur et à mesure que les minutes avancent. Jusqu'à atteindre l'apogée lorsque le jeune moine se la joue à la Anakin Skywalker dans la Revanche des Sith. Vous comprendrez en regardant. Le tout laisse au final à penser que la religion, quelle qu'elle soit, est un idéal inaccessible pour l'homme, dans une fin qui n'a franchement rien du happy-end, et ça, ça fait plaisir à l'oeil sadique et vile que je peux être de temps en temps !





Stylistiquement, c'est toujours aussi chiadé. Une ambiance gothique superbe, une photographie au poil pour une qualité visuelle toujours au rendez-vous avec Smith. En résulte un bon film, qui pâtit tout de même d'une première partie avec mollassonne et "Ridley Scott like" sur les bords. La suite est, quant à elle, d'un bon niveau, et laisse place à quelques choix scénaristiques que l'on n'attendait pas, et ça, ça fait plaisir !
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samedi 19 mars 2011

Fenêtre sur cour (1954) Alfred Hitchcock

Ah ce fameux screen avec James Stewart regardant soucieusement ce qui se passe par la fenêtre avec son appareil photo entre les mains. Ce photographe blessé et devant rester pour quelques temps sans bouger, et passant ses journées à enquêter sur les étranges actes de son voisin monsieur Thorwald. Oui, oui Droogie, heureusement que je l'ai vu, je m'en voudrais certainement sinon !
Doté d'une réalisation simple, mais tout à fait efficace, se basant sur un jeu de champ-contrechamp dans sa quasi-intégralité, Fenêtre sur cour un grand classique parmi les classiques, qu'il vous est impossible de ne pas avoir vu.



Hitchcock fait au travers de son film des hommages remarqués par beaucoup, notamment à Edward Hopper dont il affectionnait beaucoup le travail. Mais Hitchcock livre aussi une bande qui ne sera pas sans importance dans l'histoire du cinéma, et qui est d'ailleurs classée 42ème dans le classement Best American Movies. Rien que ça !


Alors, plus concrètement que tout à l'heure, que se passe-t-il ? L.B. Jeffries est un reporter-photo travaillant pour un journal et qui, suite à un accident, est contraint de rester dans une chaise quelques temps. Pour passer ses journées, il en vient à épier ses voisins et découvre que l'un d'entre eux, monsieur Thorwald, est loin d'être un homme à la robe blanche et aux actions sereines. L'enquête commence, et Jeffries est secondé par Lisa Fremont (Grace Kelly), qui, après quelques doutes, en vient aussi à penser que Thorwald a assassiné sa femme et s'en est débarrassé.


Le film a été sujet de remake à plusieurs reprises et se pose comme une véritable référence, voire école, pour bon nombre de cinéastes foulant le domaine du thriller. Il est indispensable à tout cinéphile se respectant, ne serait-ce que d'avoir vu Fenêtre sur cour une fois. Je me répète peut-être, mais c'est bien parce qu'il faut que vous le voyez !
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mercredi 23 février 2011

Bowling for Columbine (2002) Michael Moore

Le casse-couilles de la sainte terre américaine, c'est bien le gros Moore. Et il n'a pas finit d'en faire voir de toutes les couleurs à quiconque ferait de belles boulettes. Définitivement d'extrême gauche, le réalisateur dénonçait déjà, dans ses premiers travaux politiques, l'embargo contre le régime de Fidel Castro à Cuba.
Je vais vous parler ici d'un film qui a, tout de même, remporté un oscar du meilleur film documentaire, un césar du meilleur film étranger, et le prix du 55ème festival de Cannes. Bing !




Monsieur Casse-Couilles (c'est ainsi, Droogie, que nous l'appellerons au sein du journal) se lance à l'assaut de la National Rifle Association et consorts, en s'appuyant sur le massacre de 12 adolescents et d'un professeur, au lycée de Columbine (20 avril 1999). Dénonçant catégoriquement le port d'armes aux US et la facilité avec laquelle il est possible de s'en procurer (cf. le début de la bande, lorsque Moore débarque dans une banque et ressort avec un fusil offert pour le simple fait d'avoir ouvert un compte...), monsieur Casse-Couilles entend bien répondre à une question. Pourquoi y a-t-il plus de meurtres par balles chaque année aux Etats-Unis que dans le reste du monde ?




Et il faut bien dire que le garçon n'y va pas avec le dos de la cuillère. On se rappellera notamment de cette rencontre culte, où il provoqua Charlton Heston, grand gourou de la NRA, à même son domicile. Alarmant et déroutant, le film ne laisse rien traîner sur son passage et frappe à coups de pelles dénonciatrices des USA qui se remémoreront le nom de Moore. D'ailleurs, pour l'anecdote, Bush a voulu interdire le réalisateur pour des raisons, officielles, de bienséance. Officieusement, c'est évidemment à des fins politiques que l'ancien président ricain s'attaquait à Monsieur Casse-Couilles, surtout après Farenheit 9/11.




La puissance de ce pamphlet tout bonnement délicieux réside, après la démonstration, dans l'humour sarcastique que maîtrise avec brio Moore. 2 heures inoubliables que nous a livré un réalisateur qui restera clairement dans les annales, à ne rater sous aucun prétexte. Ça faisait longtemps qu'un reportage n'avait pas été aussi virulent. Ça me fait aussi penser que j'ai bien envie de me faire un petit Jesus Camp, now !
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dimanche 20 février 2011

Perfect Blue (1998) Satoshi Kon

Perfect Blue. Tout d'abord, pourquoi ce titre ? Par simple symbolisme Droogie ! Le bleu représente la pureté, et donc, il faut entendre par ce titre "pureté parfaite". Comment te parler simplement de ce film si complexe ? Je pense que la tâche ne sera clairement pas aisée. Tout d'abord, commençons par dire que le film est plus proche d'une Princesse Mononoké que de Kiki la petite sorcière (deux films de Miyazaki). Il est donc à prévoir de se plonger dans un univers sombre, angoissant, et assez malsain (même si, je dois bien l'avouer, la comparaison avec Mononoké est franchement osée... Je voulais dire par-là que le film n'est pas destiné au petit frère).



Une chanteuse de girl's band se voit proposer de plaquer sa carrière musicale pour devenir actrice. Poussée par l'un de ses agents, elle entreprend donc de se lancer dans le cinéma. Mais cet abandon soudain de la musique provoque la colère de ses fans, dont un s'avérant à la fois mystérieux et dangereux. Quand Mima, la protagoniste, se connecte sur le fan site qui lui est dédié, elle découvre que chaque détail de sa vie est épié et relaté sur le site. Puis, les personnes travaillant avec elle se font tour à tour assassiner...




Perfect Blue est la définition parfaite de ce que doit être le thriller psychologique. Angoissant, perturbant, étonnant et déroutant. Le film ne laisse rien au hasard, et conduit finement le spectateur vers un stade d'incompréhension que celui-ci doit dépasser et résoudre, rappelant de ce fait un certain David Lynch. Si les dessins, assez vieillis, peuvent dérouter au premier abord, ils apportent selon moi une autre dimension au métrage, en lui donnant une approche esthétique collant tout à fait à l'urbanisme sale d'une grande ville aux ruelles dans lesquelles il vaut mieux ne pas foutre les petons.
Glacial et définitivement culte, le film est un conte pour adulte traitant la folie et la métaphore schizophrénique.




Il nécessitera obligatoirement plusieurs visionnages afin de prétendre capter l'intégralité du film, qui pourtant est de courte durée (1h18).
J'ai pu lire au dos de la jaquette qu'un critique stipulait que : "Si Hitchcock avait réalisé un film pour Disney, celui-ci aurait été Perfect Blue." J'ai trouvé la chose non-loin de la vérité, sauf que le film va encore plus loin qu'Hitchcock, car, certes, plus moderne, mais donnant un tueur se référant certainement à Norman Bates, avec une noirceur plus diabolique tout au long du film. Pas étonnant qu'Aronofsky se soit inspiré de Perfect Blue pour son superbe Black Swan... Du très grand.
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Sound of Noise (2008) Ola Simonsson, Johannes Stjarne Nilsson

Tu sais Droogie, je suis allé mater une bande que j'ai choisie de façon tout à fait hasardeuse au cinoche du coin. Il s'agit de Sound of Noise. Je voulais que t'en touches quelques mots dans le journal, car c'est quand même sympathique comme péloche, don't you think ?
Oui mon Droogie, il m'est arrivé la même chose, et je comptais également en faire part à nos chers lecteurs. Alors faisons !



Je ne suis en général que rarement déçu par le cinéma scandinave. Je l'ai été par Cold Prey et par quelques autres, mais le plus souvent, ce cinéma surprend et étonne. Récemment, je l'ai été par Norway of Life (Den Brysomme Mannen) ou encore le très viscéral Manhunt (Rovdyr). Et que dire du Septième sceau de Bergman ??




Ici, nous avons affaire à un film à la fois drôle et original, dans lequel des musiciens complètement marginaux défient les lois de la musique en proposant des concerts illégaux sur fond de braquage de banque et de vandalisme. Ceux-ci, en effet, n'officient pas dans la musique telle que nous pouvons la concevoir, c'est-à-dire avec la bonne vieille guitare ou le bon vieux hautbois, mais avec des bruits qui nous entourent chaque jour, comme des bulldozers, des câbles électriques, des respirateurs artificiels...




Si le film repose sur une maîtrise de l'humour plutôt bien pesée, il est à regretter que la trame policière y étant développée ne soit pas d'une utilité de premier plan, et que la fin face resurgir la dose de mièvrerie indispensable au spectateur en mal de sujets mielleux. Cependant, la bande en sa globalité possède de grands atouts à ne pas négliger, et en premier aspect, comme dit plus haut : son originalité. Mêlé à cela une bande-son ne l'étant pas moins et des acteurs à formation théâtrale qui possèdent réellement leurs rôles respectifs, et comprenez que ce Sound of Noise soit tout de même un film à aller regarder, et avec lequel le plaisir sera sans doute possible au rendez-vous.
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Psychose (1960) Alfred Hitchcock

Difficile de faire plus culte que Psychose de nos jours. S'il y a bien un film à partir duquel nombre de références ont été faites, c'est bien celui-ci. Hitchcock réalisait ici le thriller angoissant par excellence, et montrait à l'écran l'un des plus grands méchants de l'histoire du cinéma. Norman Bates est devenu une véritable icône du serial-killer psychotique, et le film dégage une véhémence toujours aussi importante, aussi bien visuelle que sonore.
Il est évident que le film est une très grande pièce, si ce n'est un pilier, pour deux genres que j'apprécie fortement : le thriller et l'horreur. Oui Droogie, j'ai toujours été grandement attiré par le macabre et ses potes !



Le film reste également ni plus ni moins que l'un des plus grands de l'oeuvre Hitchcockienne, qu'il vous faut par conséquent obligatoirement découvrir pour entrer dans l'univers du réalisateur. D'autant plus que cette pièce a marqué le cinéma de façon immuable.
Allons-y pour un petit synopsis : Après l’échec d'une relation amoureuse avec un homme qui ne peut lui promettre autre chose que des liaisons clandestines, Marion Crane souhaite se détacher de sa vie ancrée dans la stagnation, et partir vivre sur une île. Pour ce faire, elle dérobe 40,000 dollars à un client de l'agence immobilière dans laquelle elle travaille, et part sur les routes américaines à la recherche de son havre de paix. Seulement, une forte pluie vient à s'abattre, et elle se voit contrainte de s'arrêter dans un motel désert, car éloigné des routes. Il s'agit du Bates Motel.


Ah cette musique, ah cette scène sous la douche, ah cette maison... Que de plans cultes, ayant même été repris par Gus Van Sant pour un remake qu'il a composé en quasi copier-coller vis-à-vis de l'original. Pour qu'une oeuvre soit à ce point imitée, il faut qu'elle en ait sacrément sous la jupe ! Et c'est assurément le cas de Psychose. Avec son intrigue à cassure, qui voit se porter la première moitié du film sur Marion Crane et la seconde sur Norman Bates, le jeune scénariste Joseph Stefano ose dans son écriture, et élabore un récit original sur lequel vient s'appuyer l'oeil extrêmement pointilleux et talentueux du maître du suspens.


Anthony Perkins livrait également une prestation inoubliable, et la mise en scène est bluffante, notamment lors de ce fameux meurtre sous la douche, qui nous laisse penser que Janet Leigh était nue, alors que, Code Hays oblige, il n'en était rien. Le réalisateur, comme Orson Citizen Kane Welles, arrive à contourner ce code pour livrer ce qu'il souhaite au spectateur, et se libérer des contraintes pouvant freiner l'élan de sa narration. Une oeuvre majeure, angoissante et parfaitement poisseuse. A ne manquer sous aucun prétexte.
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