Ah... On me dit que les autres étaient tous devant Rien à déclarer... Décidément, qu'on les aime ces français !
Tant mieux, ça fera moins de connards à venir perturber la projection en faisant moult bruits, sans respecter une seule fois les autres spectateurs ! Attends, parle pas trop vite Droogie, t'as pas fait attention à ce couple d'ados qui s'envoyait gentiment en l'air au fond de la salle ? Comment non ?! Bah t'aurais dû !
Non mais c'est dingue ça... Forniquer devant une merde, encore, je conçois... Mais devant ce putain de chef-d'oeuvre d'Aronofsky, faut pas pousser mémé dans les fourrés ! D'ailleurs c'est con de dire dans les orties, y a aucune rime, donc niveau littéraire, c'est chiant et sans intérêt. Papy ou mamie, je veux bien ! Mais pour mémé, stylistiquement, ça le fait pas. Et puis, elle m'a rien fait mémé, alors j'ai aucune raison de la pousser dans les orties !
Allez, on passe au sujet qui nous intéresse maintenant ! Coupons court à la tergiversation sur mémé, aussi intéressante soit-elle ! :
Alors, Black Swan, qécécé ? C'est une danseuse de ballet très talentueuse qui décroche le rôle de sa carrière, à savoir le cygne roi dans une nouvelle représentation du Lac des cygnes de Tchaikovsky, mis en scène par un grand maître de ballet, prénommé Thomas. Problème, c'est que tout le monde l'envie, et que mademoiselle va devenir légèrement paranoïaque.
Légèrement ? Que dis-je ?! C'est une véritable descente aux enfers, dans la folie, que subit la demoiselle. Et Aronofsky nous shoot ça avec tant d'authenticité, qu'en plus d'être un thriller, Black Swan en devient un film fantastique véritablement flippant et éprouvant.
Ce qui perturbe, en premier lieu, c'est l'ambiance noire et foutrement malsaine qui se dégage de la bande, et qui tient en haleine du premier au dernier plan, que l'on dévore avec un féroce appétit. Et le pire, c'est qu'au final, on trouve ça trop court, et on en veut encore !
Vous saviez que Portman était nominée aux oscars pour son rôle ? Sans blague ?? En même temps, si une autre lui passait devant, ça serait ni plus ni moins que du vol ! De l'usurpation de titre ! En effet, la performance de Padmé Amidala en tutu est si incroyable, qu'elle est en elle-même du registre du fantastique ! Je n'imagine même pas le travail qu'a dû représenter pour elle la préparation de ce rôle. Elle est définitivement une artiste à inscrire au panthéon.
Aronofsky est ici bien meilleur que dans Requiem for a Dream, légèrement sur-estimé selon le bon vieux Droogie que je suis. Là, il tient certainement ce qui sera l'un des plus grands films de sa carrière, et nous fait commencer l'année par un feu d'artifice de frissons et d'émotions.
Black Swan mérite les critiques élogieuses qu'on lui a allouées. Doté d'un scénario malin, développant une psychologie des personnages profonde et saisissante, d'une photo superbe et terrifiante à la fois, d'une mise en scène d'un Aronofsky au sommet de son art, d'un montage bougrement efficace et d'une Portman envoûtante et vivant son rôle comme il est rare de le voir, le titre de chef-d'oeuvre n'est pas volé.
Le travail et la performance des artistes et de l'équipe technique est criant de brio, et le film DOIT se voir décerner les statuettes les plus précieuses et glorifiantes de tout grand cinéaste. Bref, je vous laisse là, plein d'images en tête que je suis, complètement rêveur et frissonnant (oui, car le film fout quand même pas mal la chair de poule !... De poule, oui, pas envie de faire de jeu de mots !), et je vais de suite me faire bercer par du Tchaikovsky.
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