jeudi 10 février 2011

Le septième sceau (1956) Ingmar Bergman

Le cinéma suédois est un des plus anciens et nobles qui soit. Quand on vous parle de cinéma suédois muet, la première chose qui fait tilt, c'est Victor Sjöström et sa Charrette fantôme (1921). Quand on vous parle de cinéma classique des années 50, c'est évidemment le grand Ingmar Bergman.
Réalisateur des Fraises sauvages, Persona ou encore L'heure du loup, l'artiste ne laisse pas indifférent. Et dans son genre, il ravira clairement les quelques remués du bulbe n'étant pas tombés dans les méandres intellectuels de Camping, et qui sont toujours là à chercher un sens aux films de David Lynch. Comment ça, ça n'éxiste plus les gens comme ça ? Comment ça l'industrie cinématographique et télévisuelle nous donne à vomir des images prémachées ? Comment ça les français préfèrent de loin Plus belle la vie à La collectionneuse (Rohmer) ? Mais non, oh... Arrêtez... Vous me faites peur...
Dans un XIVème siècle ravagé par la peste noire, un chevalier et son écuyer, de retour des croisades, rencontrent la mort sur une plage sans âme qui vive. Dans l'optique de retarder l'échéance fatidique, le chevalier décide de livrer à la mort une partie d'échecs, afin d'avoir suffisamment de temps pour répondre à quelques questions métaphysiques.
Au cours de ce voyage introspectif, le chevalier découvre que la peur et l'ignorance sont deux grands fondements de la religion, qui mèneront une femme au bûcher, dans une cérémonie proche du sectarisme. Que les plaisirs de la vie se trouvent dans la simplicité. Un sourire d'une femme, donnant des fraises sauvages à son enfant, lui révèle alors cette simplicité et ce plaisir. Quant à l'écuyer, il certifiera que le monde n'est qu'un chancre néantisé.

Le chevalier, l'écuyer, et quelques-uns de leurs amis, découvriront un château qu'ils avaient quitté depuis 10 années. Ils sont accueillis, puis la mort vient elle aussi frapper à la porte. Cependant, elle n'est pas venue par hasard, mais bien pour eux. Ainsi, elle les entraîne dans une des scènes les plus lugubres et poétiques de l'histoire du cinéma, à savoir cette grande danse macabre, où tous sont heureux de pouvoir accompagner la mort.

Bergman réalisait là une bande qui le faisait déjà entrer dans la postérité. Quelque chose d'unique et de profondément intelligent. Il n'est pas rare que j'insère le DVD du Septième sceau dans mon lecteur pour me baigner dans cette ambiance si poisseuse mais si bien menée, d'un des plus grands artistes du 7ème art. Ne pas avoir vu ce film, pour un cinéphile, c'est mériter à coup sûr la potence ! Une grande leçon de cinéma et de philosophie, à n'en pas douter.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire