jeudi 10 février 2011

Carrie au bal du diable (1976) Brian De Palma

Droogie ! Tu savais que Carrie avait des pouvoirs télépathiques toi ? Tu savais qu'elle avait une mère complètement dingo et qu'il ne fallait pas la foutre en rogne ? Oui, je le savais Droogie.
D'ailleurs, je vais t'en dire un petit peu plus, car tu sembles intéressé. Alors Carrie, en fait, c'est une demoiselle, comme tu l'as dit, qui découvre qu'elle a des pouvoirs télépathiques après avoir subit moult humiliations de la part de ses camarades, et en subissant la folie religieuse de sa mère. Oui, parce que Carrie, elle est timide, fragile et terriblement seule. Et dans un pays de beaufs comme les Etats-Unis, c'est pas évident pour ce genre d'individu ! Surtout au lycée, car on le sait, les ados, sont particulièrement cons et mauvais ! Malgré sa candeur, Carrie, elle a aussi sa jauge de patience, et v'là le moment où elle pète un plomb. Croyez-moi, valait mieux pas avoir envie de danser ce soir là !


Carrie, c'est aussi une Sissy Spacek époustouflante, et un des plus grands De Palma. Rien que ça ! Après avoir vu Carrie au bal du diable, on se dit que personne d'autre que Spacek n'aurait pu incarner ce rôle avec tant de force. Ce visage, ses yeux dans le gymnase, lorsque la haine la prend, resteront marqués dans ma mémoire à jamais ! Attends Droogie, pour que tu piges un peu l'ambiance qui se dégage du film, sache que Silent Hill (le jeu PS One) s'est inspiré de Carrie pour le personnage d'Alessa, et que l'affiche du film est représentée sur des murs de la ville maudite ! Tu vois le genre ?! Non, j'te dis Droogie, Carrie, c'est une expérience incroyable ! Evidemment, on en a fait une suite, mais t'imagines bien qu'elle n'a pas réussi à égaler le premier ! Maintenant, un remake a été réalisé, et paraît qu'il reste très fidèle à l'oeuvre originale. En plus, on a droit à Angela Bettis dans le rôle de Carrie, qui m'avait bien plus dans le May de Lucky McKee ! Donc faut voir... J'te dirai ce que j'en pense Droogie.


Ni plus ni moins qu'un chef-d'oeuvre (quoique... peut-être plus...) qui a porté De Palma au panthéon du cinéma. Carrie au bal du diable est le film du malaise, de la mélancolie, du rejet, de l'animosité, de la religion, de la haine. Carrie, c'est un film qui marquera l'Histoire de l'Humanité. Carrie, c'est l'oeuvre d'un génie. C'est aussi le premier Stephen King adapté à l'écran, et certainement le plus réussi.
Incroyablement intense et troublant, le film nous baigne dans une ambiance qui suinte le malaise et qui prépare, inexorablement, à un feu d'artifice pour ses derniers instants. La pression monte, monte et monte encore, jusqu'à ce que le tout explose et nous file des frissons dans tout le corps pour les 30 dernières minutes, d'une justesse et d'une beauté délirante.


Carrie, c'est cette fille aux pouvoirs télépathique, avec cette mère complètement tarée, et le monde qui lui rit au piff'. Carrie, c'est le rebut. Carrie, c'est celle à qui on pense lorsqu'on voit un putain de gymnase. Carrie, c'est un réel chef-d'oeuvre, que vous vous devez de regarder. Peu importe les critiques, il faut le voir pour un apport culturel certain. Une réalisation dingue, un scénario ne l'étant pas moins, qui se veut de plus complexe, un jeu d'acteur superbe, une musique rappelant Psychose d'Hitchcock (d'ailleurs, le nom de l'école : Bates High School, fait bien sûr référence au nom du tueur de la madame sous la douche. Celui-ci s'appelle Norman Bates. Pas fait le rapprochement ?), pour un film terriblement fort, qui ne vous lâchera jamais après le visionnage. Carrie ne fait pas dans le gore. Carrie fait dans l'esprit, et est en cela terriblement effrayant.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire